Pour commencer :
Un cahier des charges pour une refonte de site web est le document qui décrit précisément vos besoins, vos objectifs et vos contraintes. Sans lui, chaque prestataire interprétera votre demande différemment, les devis seront incomparables et les dérapages en cours de projet seront inévitables. Ce guide vous aide à le rédiger, même si c'est la première fois.
Pourquoi un cahier des charges est indispensable avant une refonte
Beaucoup d'entrepreneurs arrivent chez un prestataire web avec un brief oral de 10 minutes et s'étonnent ensuite que le résultat ne corresponde pas à leurs attentes. La refonte de site web est souvent l'un des projets les plus mal cadrés du monde des TPE/PME — et c'est la principale cause de dépassements de budget et de délais.
Un cahier des charges remplit plusieurs fonctions essentielles :
- Il vous force à clarifier votre propre vision avant de la communiquer à quelqu'un d'autre. Ce travail de réflexion révèle souvent des contradictions ou des imprécisions que vous n'aviez pas identifiées.
- Il permet d'obtenir des devis comparables. Sans document de référence, chaque agence interprète votre demande à sa façon. Comparer ces devis revient à comparer des apples et des oranges.
- Il constitue la base contractuelle du projet. En cas de litige ou de désaccord sur ce qui était prévu, le cahier des charges est la référence commune.
- Il accélère le projet. Moins de questions pendant le développement = moins d'allers-retours = délais respectés.
Un cahier des charges n'a pas besoin d'être un document de 50 pages. Pour une TPE ou une PME, 5 à 10 pages bien rédigées suffisent largement.
Section 1 : Présentation de votre entreprise et contexte du projet
Le prestataire qui va travailler sur votre site doit comprendre votre activité, vos clients et votre environnement concurrentiel. Ne supposez pas qu'il connaît votre secteur — expliquez-le.
Cette première section doit couvrir :
- Qui vous êtes : nom de l'entreprise, secteur d'activité, taille de l'équipe, date de création, zone géographique couverte
- Ce que vous faites : description de vos produits ou services principaux, avec le vocabulaire que vos clients utilisent
- Vos clients cibles : qui sont vos meilleurs clients ? B2B ou B2C ? Quel profil type ? Quelle tranche d'âge ? Quels besoins principaux ?
- Votre positionnement : êtes-vous le moins cher du marché, le plus haut de gamme, le plus local, le plus spécialisé ? Cette information guide tout le design et le copywriting du site.
- La situation actuelle : avez-vous déjà un site ? Depuis quand ? Quelles sont ses performances actuelles (trafic mensuel, nombre de demandes générées) ? Quelles sont ses lacunes selon vous ?
Section 2 : Vos objectifs mesurables
C'est la section la plus importante et la plus souvent négligée. « Je veux un beau site moderne » n'est pas un objectif — c'est une description esthétique. Un objectif est mesurable.
Exemples d'objectifs mesurables :
- Passer de 3 à 10 demandes de devis par mois via le site
- Apparaître dans le top 3 Google sur « [votre métier] [votre ville] » dans les 6 mois
- Réduire le nombre d'appels pour des questions basiques en publiant une FAQ détaillée
- Permettre la prise de rendez-vous en ligne pour éliminer les échanges téléphoniques pour ce sujet
- Afficher clairement les avis Google pour augmenter le taux de transformation des visiteurs en clients
Ces objectifs guident toutes les décisions de conception. Si l'objectif est de générer des demandes de devis, chaque page doit mener naturellement à un formulaire de contact. Si l'objectif est le SEO local, l'architecture des pages et les contenus doivent être pensés en conséquence dès le départ.
Section 3 : L'architecture et les pages du futur site
Listez toutes les pages que vous souhaitez avoir sur votre nouveau site, organisées hiérarchiquement. C'est ce qu'on appelle l'arborescence ou le plan du site.
Pour un artisan ou un prestataire de services, une arborescence type pourrait ressembler à :
- Accueil
- Services (avec une sous-page par service principal)
- Réalisations / Portfolio
- À propos
- Zone d'intervention (avec une sous-page par ville principale)
- Blog / Actualités
- Contact
- Mentions légales / Politique de confidentialité
Pour chaque page importante, précisez son objectif principal (informer ? Convertir ? Référencer ?) et les éléments qu'elle doit contenir (texte, photos, formulaire, vidéo, témoignages, FAQ…).
Ne vous contentez pas de lister les pages — expliquez ce que vous attendez de chacune. Cette précision est souvent ce qui fait la différence entre un devis précis et un devis approximatif.
Section 4 : Votre identité visuelle et vos préférences design
Si vous avez déjà une charte graphique (logo, couleurs, typographies), incluez ces éléments dans le cahier des charges ou en annexe. Le prestataire doit les respecter pour maintenir la cohérence de votre image de marque.
Si vous n'avez pas de charte graphique formelle, décrivez vos préférences :
- Les couleurs : quelles couleurs aimez-vous et lesquelles évitez-vous ? Avez-vous des couleurs déjà associées à votre marque ?
- Le style : moderne et minimaliste ? Chaleureux et artisanal ? Professionnel et institutionnel ? Dynamique et coloré ?
- Les références : listez 3 à 5 sites web (pas nécessairement dans votre secteur) dont vous aimez le design. Précisez ce qui vous plaît dans chacun.
- Ce qu'il faut éviter : les sites que vous n'aimez pas sont souvent plus utiles que ceux que vous aimez pour guider un designer.
Ces informations permettent au designer de partir dans la bonne direction dès la première maquette, et évitent les allers-retours fastidieux autour de préférences mal exprimées.
Section 5 : Les fonctionnalités et la liste des « must have »
Cette section liste tout ce que votre site doit être capable de faire, au-delà de l'affichage des contenus.
Distinguez clairement les fonctionnalités indispensables (must have) de celles qui seraient un plus (nice to have). Cette distinction est essentielle pour que le prestataire puisse vous proposer des solutions adaptées à votre budget.
Exemples de fonctionnalités à documenter :
- Formulaire de contact (avec ou sans pièce jointe ? Avec notification SMS ou uniquement email ?)
- Prise de rendez-vous en ligne (quel outil ? Calendly, Doctolib, un système sur-mesure ?)
- Galerie photos ou portfolio (avec ou sans filtre par catégorie ?)
- Blog ou section actualités (qui rédigera les articles ? À quelle fréquence ?)
- Carte interactive avec votre localisation
- Affichage des avis Google en temps réel
- Lien direct vers WhatsApp ou Messenger
- Boutique en ligne (si applicable : voir les critères développés dans notre article dédié)
- Espace client avec connexion sécurisée
- Chat en ligne (et qui le gère pendant les heures d'ouverture ?)
Pour chaque fonctionnalité souhaitée, demandez-vous : est-ce que j'ai les ressources humaines pour la faire fonctionner ? Un blog prévu mais jamais alimenté, un chat sans personne pour répondre, un espace client mal maintenu — ces éléments nuisent plus qu'ils n'aident.
Section 6 : Vos attentes en matière de SEO et de contenu
Le SEO doit être pensé dès la conception du site, pas ajouté après coup. Précisez dans votre cahier des charges :
- Vos mots-clés cibles : sur quelles requêtes souhaitez-vous apparaître en priorité ? (ex: « serrurier Toulon », « restaurant végétarien La Garde »)
- Votre zone géographique cible : ville principale, communes alentours, département ?
- La situation SEO actuelle : votre site est-il déjà positionné sur certaines requêtes ? Sur quelles pages ? Ces positions doivent être protégées lors de la migration.
- La gestion du contenu : qui rédige les textes ? Vous les fournissez tout rédigés, le prestataire les rédige sur brief, ou vous co-rédigez ?
- La migration SEO : si votre site actuel est indexé, exigez un plan de redirections 301 (chaque ancienne URL redirige vers la nouvelle correspondante). Sans cette étape, vous pouvez perdre en quelques semaines toute votre visibilité Google actuelle.
Section 7 : Vos contraintes techniques, budgétaires et de délai
Soyez transparent sur vos contraintes — un prestataire honnête les respectera, et un prestataire malhonnête se révèle généralement quand on lui en parle ouvertement.
Contraintes techniques :
- Avez-vous une préférence pour un CMS particulier (WordPress, Drupal, autre) ?
- Avez-vous un hébergeur ou un fournisseur de nom de domaine avec qui vous souhaitez rester ?
- Avez-vous des outils existants à connecter (CRM, logiciel de caisse, outil d'emailing) ?
Contraintes budgétaires :
- Donnez une fourchette réaliste plutôt que de refuser d'indiquer votre budget. « Entre 3 000 et 5 000 € » permet au prestataire de calibrer sa proposition. Sans indication de budget, vous recevrez des devis allant de 1 000 à 15 000 €.
Contraintes de délai :
- Avez-vous une date de mise en ligne impérative (salon professionnel, ouverture d'un établissement, lancement d'une offre) ?
- Êtes-vous disponible pour valider les maquettes et les contenus dans les délais qui vous seront proposés ? La cause principale des retards est l'indisponibilité du client, pas celle du prestataire.
Section 8 : Vos attentes après la mise en ligne
La relation avec votre prestataire web ne s'arrête pas à la mise en ligne. Précisez dans votre cahier des charges :
- La formation : souhaitez-vous être autonome pour mettre à jour les contenus ? Si oui, une formation à l'interface d'administration doit être incluse dans le projet.
- La maintenance : souhaitez-vous un contrat de maintenance mensuelle (mises à jour de sécurité, sauvegardes, monitoring de disponibilité) ou gérez-vous cela en interne ?
- Le suivi des performances : souhaitez-vous un reporting mensuel sur le trafic et les conversions ?
- Les évolutions futures : avez-vous des fonctionnalités que vous n'intégrez pas maintenant mais prévoyez d'ajouter dans 6 à 12 mois ? Le prestataire peut concevoir l'architecture pour les anticiper.
Les erreurs classiques dans un cahier des charges
Maintenant que vous savez quoi inclure, voici ce qu'il faut éviter.
- Trop vague sur les objectifs : « je veux un beau site » ou « je veux être n°1 sur Google » sans indication de délai ni de métriques intermédiaires. Soyez précis et réaliste.
- Trop précis sur la technique : dicter à votre prestataire le CMS, le plugin et le framework à utiliser sans avoir les compétences pour justifier ce choix. Exprimez vos besoins, laissez le professionnel choisir les outils.
- Oublier les contenus : beaucoup de cahiers des charges décrivent le contenant (le site) mais oublient de préciser le contenu (les textes, les images). La production de contenu est souvent ce qui retarde le plus les projets.
- Ne pas inclure de budget indicatif : sans fourchette, vous recevrez des propositions inadaptées dans les deux sens.
- Ignorer la migration SEO : si vous avez déjà un site indexé, ne pas mentionner la migration SEO dans le cahier des charges expose votre projet à une chute de visibilité Google après le lancement.
Si vous avez besoin d'aide pour rédiger votre cahier des charges ou si vous souhaitez qu'un expert le fasse avec vous en quelques heures, contactez-nous. C'est souvent le meilleur investissement avant de lancer un projet de refonte.